Le thé au Canada


Le thé au Canada

Une tradition anglaise


Au 18e siècle, nous retrouvons chez les Canadiens-anglais quelques rares allusions au thé. Les colons de Nouvelle-France préfèrent boire du café et du chocolat facilement accessibles par le biais des colonies françaises des Caraïbes. Ce n'est qu'après la Conquête qu'on commence à importer du thé régulièrement. L'habitude s'installe d'abord dans la bourgeoisie où il est souvent consommé comme boisson curative. On boit des thés chinois ou indiens importés d'Angleterre.

On rapporte qu'en 1806, 1500 livres de thé noir et 90 000 livres de thé vert sont importées. L'Annuaire du Canada mentionne qu'en 1910, c'est 33 178 366 livres qui sont importées et on passe à 40 655 939 livres en 1916.

Le thé devient un élément essentiel à l'alimentation des coureurs des bois, des chasseurs et des bûcherons. Il sert de boisson énergétique pour ces gens qui doivent travailler très fort et dans des conditions difficiles.

Une analyse des achats en nourriture des travailleurs du canal Lachine dans les années 1820 démontre que cette boisson a pris de l'importance dans toutes les classes de la société. Le thé et le sucre comptent pour une bonne part dans les achats de nourriture chez les travailleurs. Durant leurs journées de travail de 14 heures, le thé édulcoré au sucre de canne est souvent leur seul repas chaud et leur seul stimulant. Il représente une part essentielle de leur alimentation malgré le fait qu'il reste relativement coûteux, même pour les thés de qualité les plus médiocres.

Chez les riches familles de Montréal, le thé et le sucre sont des denrées consommées quotidiennement. Elles ont accès à une grande variété de thés de la meilleure qualité, servi avec tous les accessoires nécessaires en argent et en porcelaine fine.

"Les anciens Canadiens détestaient le thé. Les dames en prenaient quelquefois, comme sudorifique, pendant leurs maladies, donnant une préférence, néanmoins, à une infusion de camomille. Lorsque la mère de l'auteur, élevée dans les villes où elle fréquentait la société anglaise, introduisit le thé dans la famille de son beau-père, après son mariage, il y a soixante-dix-huit ans, les vieillards se moquaient d'elle en disant qu'elle prenait cette drogue pour fair l'Anglaise et qu'elle ne devait y trouver aucun goût."

- Philippe Aubert de Gaspé, Les Anciens Canadiens, 1864

©1996: Centre d'histoire de Montréal
Source de l'image: Musée McCord d'histoire canadienne, archive Notman