Le choc des cultures


Le choc des cultures

Les rapports sino-anglais


En 1684, l'empereur K'ang Hi déclara une certaine liberté du commerce extérieur. Les commerçants étrangers pouvaient traiter d'affaires avec les représentants de la compagnie Co Hong de Canton. Ces marchands étaient les seuls à entretenir des contacts avec les fermiers producteurs et fixaient le prix et le volume des cargaisons. Leur corruption était notoire. La Chine exigeait d'être payée uniquement en piastres d'argent provenant des colonies espagnoles d'Amérique, ce qui déplaisait fort aux Anglais qui auraient préféré effectuer des échanges plutôt que de voir une telle sortie de capitaux.

Comme la demande en thé allait en croissant, la Chine dut augmenter sa production. Le thé étant devenu plus rentable pour les paysans, ceux-ci convertirent leurs champs de coton en plantations de thé, ce qui créa un nouveau besoin. Graduellement les marchands anglais réussirent à échanger du coton provenant de leurs colonies indiennes contre des caisses de thé, mais en 1773, ils découvrirent un produit indien bien plus en demande : l'opium. Malgré les interdictions de l'Empereur, 16 000 caisses d'opium furent importées en Chine en 1829 et ce chiffre ne fit qu'augmenter. L'usage de l'opium se répandit dans toutes les classes de la société chinoise.

L'Empereur tenta en vain de reprendre le contrôle du commerce et d'enrayer les importations d'opium. En 1839, un haut-commisaire de Canton fit brûler le contenu de 20 000 caisses d'opium, ce qui représentait de lourdes pertes pour les marchands anglais qui protestèrent vigoureusement. Peu après, une décision impériale décréta la fermeture de la Chine aux étrangers. Les Anglais répliquèrent par le blocus de Canton (1840) et ce fut la première des Guerres de l'Opium. L'armement nettement supérieur des Anglais leur permit d'envahir la Chine et d'écraser son armée. En 1842, le Traité de Nankin accorda à l'Angleterre d'excellentes conditions, dont le libre commerce de l'opium, la fin de l'obligation de négocier uniquement avec la Co Hong et surtout la concession d'une île, Hong Kong, afin d'y établir leur base commerciale.

©1996: Centre d'histoire de Montréal
Source de l'image: Chine d'hier et d'aujourd'hui