L'industrie du thé au Canada


L'industrie du thé au Canada

Importation et distribution


Plusieurs industries reliées directement au thé voient le jour au Canada, particulièrement dans les Provinces maritimes. Une des premières, la King Coles (G.E. Barbour), au Nouveau-Brunswick, fondée en 1867, existe encore aujourd'hui. Notons aussi la J.E Morse & Co., en Nouvelle-Écosse, qui importe du thé dès 1870 et le met en sachet à partir de 1939.

La T.H. Eastbrooks est créée au Nouveau-Brunswick en 1894. Elle lance son mélange spécial de thés indiens et cinghalais sous la marque Red Rose, enregistrée en 1899. Cette compagnie est une des premières à commercialiser le thé en petits paquets enveloppés dans du papier métallique. Jusque-là, on vendait le thé dans des caisses de bois usagées. La compagnie ouvre bientôt des filiales à Winnipeg, Toronto, St-Jean de Terre-Neuve et Montréal. Elle commence à ensacher le thé vers les années 30.

En 1931, la Eastbrooks est vendue à la grande compagnie anglaise Brooke Bond qui est elle-même acquise en 1985 par la multinationale Unilever qui la fusionne à Lipton's. Le thé Red Rose est toujours commercialisé par celle-ci. Cette compagnie installe une usine à Montréal en 1948, sur l'avenue du Parc. Elle la déménagera en 1962 sur la Côte-de-Liesse, où elle se trouve toujours. La maison mère de Unilever est installée à Toronto.

Salada est fondée en 1892 par Peter C. Larkin, grand voyageur et collectionneur d'antiquités. Il choisit ce nom d'après celui d'une plantation indienne. Il y développe, à la même époque que T.H. Eastbrooks, le concept des paquets de papier métallique. La grande popularité de ses produits aux États-Unis conduit la compagnie à installer ses quartiers généraux et son usine à Boston, tout en conservant une usine à Montréal. Vers la fin des années 50, elle déménage à Little Falls (New York) où elle se trouve toujours. En 1969, Salada est vendue à Kellogg qui la vend à son tour à Unilever en 1988.

Une industrie parallèle

En plus des usines d'importation et de transformation du thé, le Canada possède plusieurs industries plus ou moins directement reliées au thé. Dès le 17e siècle, quelques potiers et orfèvres, comme Laurent Amiot, fabriquent divers accessoires relatifs au thé. Puis, avec l'industrialisation viendront des manufactures de céramique plus importantes, comme la fabrique Dion de l'Ancienne-Lorette et la Saint-John de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Les marchands importateurs de porcelaine ont un grand succès et plusieurs s'enrichissent en ouvrant des China Hall dans les grandes villes. Certains d'entre eux importent des services à thé en porcelaine blanche qu'ils font ensuite décorer par des artistes locaux. Le transport maritime a aussi bénéficié des retombées économiques de l'industrie du thé.

Importateurs, distributeurs, usines de mise en sachet, potiers, orfèvres, importateurs de poteries et porcelaines, épiciers, etc., c'est ainsi que dès les débuts de la colonie, mais surtout après la conquête, le thé se révélera au pays d'une importance économique que nul ne saurait nier.

©1996: Centre d'histoire de Montréal
Source de l'image: King Cole; G. E. Barbour inc.