Le thé au Japon


Le thé au Japon

Une boisson chinoise adaptée au goût japonais


Selon la légende japonaise, la découverte du thé revient à un moine bouddhiste indien nommé Dharma. En visite en Chine, il avait juré de ne pas dormir afin de mieux s'adonner à la méditation. Après plusieurs semaines de veille, il finit par s'endormir en bordure du chemin. À son réveil, saisi de remords, il s'arracha les paupières et les enterra afin de s'assurer de ne plus jamais dormir. Il continua son chemin et lorsqu'il revint quelques semaines plus tard, il trouva un arbre qui avait poussé à l'emplacement où il avait enterré ses paupières. Il en grignota quelques feuilles et s'aperçut qu'elles lui permettaient de rester éveillé plus facilement. Il emporta avec lui les graines de cet arbre et implanta ainsi la culture du théier dans les monastères.

Cette légende, en faisant un rapprochement avec la forme des yeux bridés, rappelle la forme des feuilles du théier, leur minceur et leur façon de s'enrouler, ainsi que les « cils » dont les bourgeons sont garnis. Cette histoire signale aussi que l'habitude du thé fut instaurée au Japon par les moines bouddhistes ayant voyagé en Chine.

À partir du 8e siècle, l'influence de la Chine rayonne sur tout l'Orient. Les Japonais vont jusqu'à copier les coutumes, les techniques, l'écriture, la religion et même les institutions tant politiques qu'administratives. Par l'intermédiaire de moines japonais qui se rendent en Chine pour étudier auprès des grands maîtres et visiter les lieux saints, des plants et des graines voyagent et bientôt de modestes plantations s'établissent près des monastères.

Après une première vague de popularité, le thé est presque oublié puis il est réimplanté au 13e siècle. Les moines n'ont jamais cessé de l'utiliser lors de leur méditation, mais c'est auprès de la grande noblesse guerrière qu'il gagnera la faveur et deviendra une mode. Au cours de plantureux festins, les nobles et les samouraïs s'adonnent au Tocha, un jeu de dégustation à l'aveugle importé de Chine qui consiste à deviner la provenance des thés et même de l'eau composant l'infusion.

Le Japon a connu trois phases successives d'influence culturelle venant de la Chine. Celles-ci correspondent aux trois grandes périodes de prospérité et de rayonnement de ce pays. L'Empire du Soleil Levant suivit donc la mode du thé selon ses trois époques : celle du thé bouilli, celle du thé en poudre et battu puis celle de l'infusion des feuilles. Cependant, c'est la seconde manière qui est demeurée la plus connue dans le cadre des rituels (matcha) alors que la troisième (ocha) reste celle d'usage quotidien. Les Japonais vénéraient les objets importés de Chine qui servaient à préparer et à servir le thé, ils les considéraient comme de grands trésors.

©1996: Centre d'histoire de Montréal
Source de l'image: Histoire du thé, Tea Bureau, s.d.