La Guerre de l'opium


La Guerre de l'opium


La Chine accepte le commerce avec les « barbares étrangers », mais considérant qu'elle leur accorde un grand privilège, elle impose d'importantes restrictions. Les commerçants ne peuvent s'établir qu'à Canton, à certaines périodes de l'année et ne traiter d'affaires qu'avec les représentants de la Co Hong, compagnie des marchands chinois. Comme la Chine se considère autosuffisante, elle exige d'être payée uniquement en piastres d'argent provenant des colonies espagnoles d'Amérique. En 1810, on évalue qu'environ 350 millions de dollars mexicains ont été ainsi introduits en Chine depuis le 17e siècle. Voilà qui déplaît fort aux Anglais qui auraient préféré effectuer des échanges plutôt que de subir une telle sortie de capitaux.

Deux grandes nations radicalement différentes, une millénaire, l'autre en pleine ascension, doivent faire des échanges et du commerce ensemble. Ceci ne se fait pas sans heurts...

L'engouement grandissant des Anglais pour le thé oblige les Chinois à augmenter leur production. Le thé devenant plus rentable, les paysans convertissent leurs champs de coton en plantations de théiers. Les Chinois doivent donc maintenant importer le coton. Graduellement, les marchands anglais réussissent à échanger du coton provenant de leurs colonies indiennes contre des caisses de thé. En 1773, ils découvrent un autre produit bien plus en demande par les Chinois : l'opium. Malgré les interdits de l'Empereur, des milliers de caisses d'opium sont bientôt importées en Chine et l'usage se répand dans toutes les classes de la société.

L'Empereur tente en vain d'en enrayer l'importation. En 1839, une décision impériale décrète la fermeture de Canton aux étrangers. Les Anglais répliquent par le blocus de la ville, déclenchant ainsi la première des Guerres de l'Opium. L'armement nettement supérieur des Anglais leur permet de vaincre. En 1842, le Traité de Nankin leur donne d'excellentes conditions, dont le libre commerce de l'opium, la fin de l'obligation de négocier uniquement avec les Co Hong et surtout la concession d'une île, Hong Kong, afin d'y établir leur base commerciale.

©1996: Centre d'histoire de Montréal
Source de l'image: Chine d'hier et d'aujourd'hui