Les pays producteurs


Les pays producteurs


La Chine

La Chine a été pendant des siècles l'unique pays exportateur de thé. Depuis le 19e siècle, elle doit cependant faire face à la dure concurrence de nouveaux pays producteurs comme l'Inde et le Ceylan. La Chine reste néanmoins un des plus grands fournisseurs de grands crus. De nos jours, les thés verts représentent 75 % à 80 % de la production chinoise dont la majeure partie est réservée à la consommation intérieure. Le reste de la production des thés verts ainsi que la totalité de la production des thés noirs sont exportés.

Les thés chinois proviennent de cinq provinces. L'une d'entre elles, le Yunnan, est située près de l'Himalaya. Récolté en haute altitude, ce thé noir possède une saveur très riche et sans astringence. Il est considéré par certains comme étant un des grands seigneurs de Chine, et même l'un des meilleurs thés au monde. Les autres provinces sont situées plus à l'est du pays. La région de Anhui, de faible altitude, produit le Keemun, un thé noir qui donne une boisson au goût légèrement chocolaté. Elle fournit également de bons thés verts, le Chun mee et le Sowmee. Le Fujian et le Jiangxi produisent des thés noirs moins remarquables qu'on voit surtout dans les mélanges. Le Zhéjiang, lui, est réputé pour son Gunpowder. La Chine produit aussi des thés semi-fermentés mais ceux-ci sont loin d'égaler ceux de Formose (Taïwan).

L'Inde

La plus grande partie de la production de thé de l'Inde est consommée sur place, et pourtant ce pays demeure le plus grand exportateur au monde. Cela donne une idée de l'ampleur de la production et de l'impact économique de cette culture en Inde. Les variétés de thés y sont très nombreuses. En effet, l'Inde étant très vaste, les régions productrices subissent des conditions climatiques fort variées. Certaines plantations sont situées en altitude, d'autres dans des plaines; on en trouve qui sont constituées de plants d'origine chinoise, d'autres de plants indigènes et d'autres encore de mélanges hybrides de ces variétés. La qualité des thés indiens est par conséquent très variable, d'où l'importance de bien connaître leur région d'origine pour en déterminer la qualité.

Les thés du sud proviennent de Travancore et de Nilgri, régions de plateaux semblables à ceux du Ceylan. Ces thés donnent une liqueur agréable, douce, d'une belle couleur mais offrant peu de caractère; ils sont surtout combinés avec d'autres thés plus corsés.

Les thés du nord viennent de Darjeeling, de l'Assam, des Dooars et des Terai. Les deux dernières régions situées en terrain plat sont peu connues car elles produisent des thés de qualité moyenne utilisés dans les mélanges. Par contre, les thés de Darjeeling (ou du Bengale occidental) sont considérés par certains comme étant le summum des thés du monde entier. Privilégiant la qualité par une cueillette fine, ces plantations, contrairement aux autres, n'ont qu'un faible rendement à l'hectare (40 à 50 tonnes par an, soit 3 % du total de la production indienne). La première cueillette donne un thé très léger mais très aromatisé alors que la seconde offre un thé plus mordant, d'une couleur cuivrée et au goût de fruits mûrs. La cueillette d'automne, fournit un thé à la couleur et à l'arôme plus développés et de qualité légèrement inférieure.

L'Assam, région boisée de faible altitude du nord-est de l'Inde (défrichée dans des conditions extrêmement difficiles), est pourtant une des régions les plus fertiles du pays. Les thés y sont de grande qualité.

Ceylan et Formose

La culture du thé est introduite dans ces îles par les Anglais pendant la seconde moitié du 19e siècle. Mieux connu aujourd'hui sous les noms de Sri Lanka et de Taiwan, ces pays conservent leurs anciens noms dans le milieu conservateur du thé. C'est ainsi qu'on parle de Ceylan ou Formose.

Le Ceylan produit principalement des thés noirs. Ils sont classifiés selon l'altitude à laquelle les plants croissent (les low grown se développent jusqu'à 600 mètres et donnent une infusion sombre et forte destinée surtout aux mélanges; les mid grown, de 600 à 1200 mètres et les high grown, vivant entre 1200 et 2300 mètres, donnent la meilleure qualité). Les grandes régions productrices sont celles des Uva et de Dimbula et elles regroupent plusieurs grands jardins. Les thés du Ceylan possèdent une réputation mondiale qui les classe parmi les grands seigneurs.

Même si Formose produit aussi des thés verts et noirs, ce sont les oolongs (thés semi-fermentés) qui en font la réputation. Extrêmement fins et délicats, à la saveur unique naturellement fruitée, ces thés sont surtout appréciés aux États-Unis.

Le Japon

Le Japon constitue un cas particulier, car ce pays produit presque exclusivement des thés verts dont 97 % de la récolte est consommée au pays. Le Matcha, thé en poudre, est réservé aux cérémonies. Le thé d'usage courant, consommé en feuilles infusées, se nomme le Ocha. Par ordre décroissant de qualité, signalons le Gyokuro, le Sencha et le Bancha.

L'Afrique de l'Est

Au 20e siècle, la culture du thé est implantée par les Anglais dans leurs colonies d'Afrique de l'Est (le Kenya, l'Ouganda, le Burundi et la Tanzanie). Grâce à la mécanisation, ces plantations réussissent à s'approprier une bonne part de la production mondiale, sans atteindre cependant la qualité des grands seigneurs tels le Yunnan chinois ou le Darjeeling des Indes. Les thés africains sont des thés noirs présentés en feuilles brisées ou broyées réduites en toutes petites particules.

La Russie

Au cours du 19e siècle, la culture du thé est introduite en Russie, plus précisément en Géorgie. Cependant, la production et la qualité de ce thé sont fort modestes et il est réservé à la consommation locale plutôt qu'à l'exportation. Le « thé russe » que l'on voit sur les tablettes des marchands est en fait un mélange de thés chinois importés en Russie.

©1996: Centre d'histoire de Montréal
Source de l'image: Denis-Carl Robidoux (Webman)